Les communautés d'apprentissage : une approche qualitative et versatile

 

Savoir quelle attitude adopter face à des comportements inappropriés venant de clients, ou réfléchir à la meilleure manière de rendre les sessions de cold-calling engageantes pour les collaborateurs sont des problématiques qui se prêtent à la réflexion collaborative. Des échanges organisés de cette manière permettent aux collaborateurs de réfléchir à une problématique commune, qui les intéresse, car fréquente et partagée, tout en prenant leurs connaissances et expériences comme point de départ. Chaque participant ressort alors d’une telle discussion avec de nouvelles connaissances collaboratives.

Cette forme de social learning s’inscrit dans ce qu’on appelle les « communautés d’apprentissage » (CoA). L'approche se concentre sur l'apprentissage actif et l'engagement des participants, ce qui la différencie d'autres types de communautés (de pratique, d’élaboration de connaissances et de recherche). Cette méthode a d’abord gagné en popularité dans les rangs de l’éducation active, puis a progressivement été transposée au champ de la formation.

Des bancs de l’école à la formation professionnelle

De manière générale, une communauté d’apprentissage est constituée d’un groupe d’individus qui souhaitent apprendre ensemble. Il possède un objectif commun, et détermine une période durant laquelle cet apprentissage se déroule.

Dans le contexte de la formation professionnelle pour adultes, la communauté d’apprentissage permet de penser des solutions concrètes à des problématiques complexes posées par un formateur. Les apports de cette approche sont les plus remarquables lorsque les participants possèdent différentes compétences : pédagogie, outils, … ce qui permet de créer une synergie au sein du groupe.

Le but de cette méthode est de favoriser la collaboration, la coconstruction du savoir, et donc favorise l’intelligence collective. Elle pousse les apprenants, les membres de la communauté à s’investir pleinement dans celle-ci à hauteur de leurs connaissances, afin de développer une réflexion et un apprentissage personnel.

En présentiel ou à distance, ces communautés peuvent aussi bien constituer un outil dans le cadre plus large d’une formation, qu’une méthode de formation autonome. Leur organisation peut s’étendre sur plusieurs mois, parfois plus, selon la complexité de la problématique examinée, les acquis initiaux des participants et le but fixé.

Le formateur comme facilitateur

Bien que la dynamique de la communauté d’apprentissage soit déterminée par les apports et l’intérêt que ses membres lui portent, la place du formateur demeure tout de même déterminante. Contrairement aux pédagogies plus « descendantes », où le formateur ou l’enseignant transmet des connaissances prédéterminées, il en est autrement ici. Le formateur adopte davantage une posture de facilitateur : il met à profit son expertise pour guider les réflexions du groupe, dégage des pistes d’actions, et suscite l’intérêt et la participation grâce à des supports engageants.

Pour assurer la bonne gestion de sa CoA, le formateur doit donc remplir 3 fonctions :

  • Coordonner : il veille à la coordination des membres de manière pratique, il veille à l’organisation,
  • Accompagner : il guide les membres du groupe dans leurs apprentissages et gère les moments de démotivation et d’échecs,
  • Rendre accessible : il assure un soutien organisationnel, technique, et veille à ce que les outils soient accessibles et utilisables par tous.

Une approche versatile

Les communautés d’apprentissage peuvent constituer un outil puissant pour les organismes de formation, qui peuvent être intégrées à différents moments :

  • Avant la formation : elles peuvent servir à introduire les participants à une certaine thématique, et permettent de commencer l’apprentissage sur des bases similaires.
  • Durant la formation : on peut y avoir recours pour aide à ancrer les connaissances afin de pouvoir les mettre en pratique plus tard dans le champ professionnel.
  • Après la formation : elles peuvent être utilisées pour approfondir la thématique abordée au cours de la formation, et maintenir ou rafraichir les apprentissages. Au même titre, elle peut être intégrée à la formation comme évaluation informelle.

Elles ne constituent cependant pas une solution universelle : elles apportent une plus-value lorsqu’il est bénéfique que les apprenants réfléchissent ensemble. Il faut donc d’abord prendre en considération le type de formations dispensées, et déterminer l’apport que des participants peuvent retirer d’une telle méthode.

Une méthode collaborative et interactive

De manière plus pratique, les communautés d’apprentissage requièrent la mise en place d’outils, car la qualité des médias proposés permet de les faire vivre. Se posent alors des questions concernant les modalités : ces moments de groupe doivent-ils prendre place en présentiel ou à distance ? Quelle doit être la place des plateformes en ligne ? Comment organiser et rendre compte de la production de savoir ? Comment maintenir le lien entre les membres de la communauté ? Quelles sont les caractéristiques qui rendent un médium attirant et intéressant ?

Aujourd’hui, la CoA est souvent médiée par des outils en ligne. On distingue 2 types d’outils couramment utilisés :

  • Les logiciels collaboratifs : ils soutiennent la communication, maintiennent le lien entre les apprenants ou avec d’autres communautés. Ils permettent la prise de note interactive, et collaborative, aident à l’élaboration de cartes mentales, ou accompagnent le brainstorming.
  • Les plateformes interactives : elles sont quant à elles utiles pour accéder à du contenu digital : vidéos, podcasts, documents digitaux, ils aident les membres à découvrir la thématique et enrichir leur réflexion. Après la formation, elles permettent de garder une trace consultable des apprentissages.

Des apprentissages adaptés et ancrés

Même si la mise en place de cette approche demande quelques adaptations et modifications de pédagogie, comparé à des pédagogies moins participatives et actives, cette méthode comporte des avantages, pour les apprenants, comme pour les organismes de formation.

D’abord, ces communautés se veulent être des espaces de partage ouverts et bienveillants. Elles laissent à chacun l'opportunité d'enrichir ses connaissances de manière active et collaborative, ce qui est bénéfique pour l'apprentissage. Ces communautés sont aussi des espaces propices à l'apprentissage par essai-erreur, sans répercussions. Ces caractéristiques permettent aux apprenants qui se forment par cette méthode d'en ressortir avec des acquis ancrés de manière durable et transférable. Ensuite, l’utilisation d’outils digitaux rend la méthode accessible, permettant de réunir des individus, des communautés d’horizons différents.

Pour les organismes de formation, cette approche permet de s’attaquer à des problématiques sous un angle novateur, et de se démarquer grâce à une offre qualitative et adaptée aux problématiques spécifiques des entreprises. Elles permettent de proposer un accompagnement personnalisé, modulable sur le long-terme.

Cependant, le fonctionnement des communautés peut parfois être limitant : un manque de participation ou d’intérêt de la part de ses membres entraine nécessairement la fin de l’activité du groupe. À cause de son évolution plutôt lente, on lui préférera dans certains cas le micro-learning (des modules d’apprentissage très courts disponibles en ligne) pour accélérer l’apprentissage.

Une approche pour diversifier son offre

Ainsi, les communautés d’apprentissage sont des outils puissants qui permettent à ses membres de développer l’intelligence collective et d’approfondir leurs connaissances. Pour les organismes de formation, bien qu’elle requière la mise en place d’outils particuliers, cette approche reste une solution versatile : comme élément dans le parcours de formation, ou en tant que formation, elle permet de produire des connaissances ancrées, transférables et directement adaptées à la problématique rencontrée par les membres du groupe.